Une petite interview de Rafa en attendant le Masters de Londre à partir du 22 Novembre. [En Español] A 23 ans, Rafael Nadal possède un degrè de maturité très élevé. Le tennisman est prêt à parler de presque tout, de ces blessures pendant cette saison, de ces succès mais aussi de ces défaites, ainsi que des choses de la vie, de la guerre, de la pauvreté, de son monde parfait. Nadal semble prêt à affronter les saisons difficiles qui peuvent se dessiner à l'horizon, avec des adversaires chaque fois plus forts et c'est pour cela qu'il pense qu'il peut "être meilleur sans pour autant gagner comme avant."
"En attendant la Coupe Davis, comment évaluez-vous la saison, avec ces deux parties clairement différentes et marquées par les blessures?S'il n'y avait pas eu une blessure, la saison pourraît être cataloguée comme excellente. J'ai gagné un Grand Chelem (Australie), trois Masters Series, deux finales dans deux autres Masters, une finale à Rotterdam et au Godo. Je crois qu'elle est très bonne. Je ne sais pas combien de personnes ont gagné 5 titres cette saison, mais tous les tournois que j'ai gagné ont été importants.
Pour moi, c'est une année positive. C'est vrai que je croyais que je l'avais bien amorcé, et c'est malheureux car la fin de la saison sur terre, j'ai du la jouer sans être à 100%. j'ai essayé d'aller à Wimbledon, mais mon genou me faisait trop mal et je n'avais pas d'autres choix. J'ai du m'arrêter deux mois et quand je suis revenu j'ai eu un peu peur, j'avais perdu le rythme de la compétition, et cela m'a affecté. Mais je suis revenu et les résultats ont été meilleur que ce que j'espérai. Après je me suis blessé aux abdominaux et j'ai du m'arrêter encore. Je venais de jouer les quart à Cincinnati, j'avais gagner des matchs en jouant à un bon niveau, mais à l'US Open, j'ai tenu un match et demi sans avoir mal, ensuite la douleur a augmentée. Quand j'ai fini l'US Open, j'avais une déchirure de 2 cm.
Mais ce n'est pas nouveau pour vous. Vous avez toujours gagné avec des douleurs, peut être que vous avez demandé plus à votre que ce qu'il pouvait donné?Tous les sportifs de hau niveau ont des douleurs ou jouent avec des douleurs. Mais quand cette douleur devient limitant bien sur ça te pénalise, dans le mouvement, pour courir et jouer à un très haut niveau.
C'est quelque chose de courant avec les pilotes de motos, qui sont habitués à faire des courses avec des douleurs.Ce sont des efforts que l'on demande au corps presque toujours à cause du calendrier, c'est lui qui commande,mais c'est clair que joué blessé n'est pas positif. En motos, tu fais les entrainements, la course dure 20/25 tours et puis tu pars une ou 2 semaines pour te reposer.
Au tennis, d'abord, tu dois courir après chaque balle, ensuite tu ne sais pas combien de temps va durer le match; une, 3 ou 5 heures. Si tu gagnes, le jour suivant tu doit rejouer. C'est un jour après l'autre, tu peux fair un effort un moment, mais au final c'est impossible. Une douleur te limites. Il y en a qui peuvent supporter.
Mais bon, même comme ça les résultats de la saison ont été bons.
Que signifie la pression pour vous? Qui met la pression à un joueur comme vous?Si vous faites référence à la pression médiatique, pour moi ça signifie très peu. La pression qui m'importe est plus personnelle. Si un athlète se laisse guider par ce que la presse, il est vraiment mal ou peut finir très mal.
D'abord car ce qui important pour les médias ....et il est possible qu'une demi finale finisse par ne rien signifier y ça peut finir par ne plus apprécier un titre car ce n'est pas un Grand Chelem ou un Masters Series. Pour moi chaque match est vital et important. La pression est celle que je me met. Moi je la gère avec calme, en sachant que c'est très difficile de faire tout ce que j'ai fait ces 5 dernière années durant lesquelles j'ai eu des résultats très bons, meilleurs de ce que j'aurai pu imaginer. A partir de là, je prend tout avec plus de tranquilité. Si ma carrière se finissait aujourd'hui, je dirai qu'elle a été très bonne. Ensuite arrive l'aspect de la motivation, de vouloir se surpasser, de vouloir être le meilleur. Tout cela c'est la pression. Moi je veux bien jouer chaque fois que j'entre sur le cours, je veux gagner, mais si je perd la final de Shanghai, je ne rentre pas triste à la maison. Je m'en vais content du niveau que j'ai et conscient qu'on ne peut pas toujours gagner, surtout si l'adversaire est meilleur que toi. Par contre des matchs comme celui que j'ai perdu à Pekin contre Celic, ces matchs laissent un goût amer car je suis arrivé en jouant bien et ce là j'ai très mal joué. mais tout cela te prépare pour gagagner, ça fait parti du jeux. Mais c'est bizzare quand il m'arrive de ne pas rentrer dans le match comme avec Celic.
Ce jour là, je suis parti énervé de ne pas avoir pu entrer en compétition avec lui, mais le truc c'est qu'il faut attraper le rythme, la dynamique et avoir la certitude que tu vas gagner.
Croyez-vous que les journaux n'ont pas assez mis en valeur vos succès, comme vous avez dit dans La Stampa?Non, Non. Cette interview a été mal traduite. Je ne critique pas du tout la presse. Ce que je dis c'est que quand tu as atteind un certain niveau et que tu vas à Umag, et que tu gagne le tournoi, cela parait normal. Je ne dis pas que c'est mal de dire ça. C'est ce qu'il y a. Entrer dans ce cercle c'est quelque chose de mauvais pour nous, car finalement nous ne jouerions que les Grand Chelem car se sont les plus médiatiques.
Et la confiance, comme l'acquérir? Uniquement par les victoires?La confiance, c'est le fait de s'être bien entrainer qui l'apporte, et l'autre clef bien sur c'est de gagner.
Quand quelqu'un a gagné toute une série, il rentre sur le court avec la sensation qu'il ne peut pas perdre.
Cette année, vous n'avez perdu que 10 fois.Comment une victoire est elle douloureuse?Bien sur qu'il y a des défaites douloureuse. Celle de RG de cette année à été douloureuse.
Nadal se met en colère?Oui, de manière normale, comme toutes les personnes. Mais je ne suis pas une tête brulée, je me contrôle assez bien. Je ne suis pas le type qui se met en colère et cri.
Vous vous rappellez de la dernière fois ou vous avez pleurer?Oui, j'ai pleuré de nombreuses fois, mais ce n'est pas le moment d'un parler ici. Tout le monde pleure.
Dans un tournoi, comme Federer?Aussi, j'ai pleuré après avoir perdu, mais jamais sur le court. Quand j'ai perdu Wimbledon en 2007 j'ai pleuré, mais dans le vestiaire. Je n'aime pas le faire devant les gens.
Qu'est ce qui vous préoccupe le plus, à part le fait d'avoir une bonne santé?Dans cette vie, tu serais un inconsciente si tu te préoccupais pas pour tout ce que tu vois chaque jour. La pauvreté, les enlèvements, les guerres, ceux qui meurent de faim, la crise mondial, tout cela me préoccupe. La crise mondial peux être quelque chose de dure mais ça l'est beaucoup plus de voir des enfants mourir de faim ou à cause de la guerre.
Un ami s'en va à la guerre en Afganistan avec l'armée espagnole. Que lui diriez-vous?C'est difficile de dire quelque chose. Ca me paraît tellement incroyable d'aller en guerre. Rien que le fait de dire " je vais à la guerre" me semble inconcevable.
Pratiquement toutes les choses mauvaises qui arrivent dans la vie sont la faute de radicalistes qui provoquent des problèmes qui pourraient être évités. Une personne peut avoir des passions, des sympathies, des croyances mais toujours dans le respect des opinions des autres. Pareil pour la religion. On peut être croyant, athé, chrétien, musulman, n'importe quoi, mais de là à arriver à toutes les barbaries qui ont eues lieu pour la religion, c'est trop. Pour moi la religion est la plus grande cause de mort de toute l'histoire.
Que serait votre monde idéal?Je ne crois pas qu'un monde parfait soit possible. Un monde bien meilleur que celui dans lequel nous vivons, oui nous pouvons aspirer à un tel monde, par mon moi, moi j'ai de la chance car le mien est pratiquement parfait, mais pour les autres.
Avez vous une idée de ce que vous changeriez?Toutes les armes du monde. Ca serait nécessaire pour un monde meilleur. Nous parlons toujours de la pauvreté, mais par exemple, je suis aller en Inde, à Chennai, plusieures fois et je peux assurer que dans cette pauvreté j'ai vu sur le visage des gens le bonheur. Et cela nous devrions tous l'appliquer. Là-bas, ou ils n'ont partiquement rien, ou ils vivent dans la rue, tu vois les visages, et ils ne te mentent pas. Ici, beaucoup de personnes ont pratiquement tout et les matins tu les vois partir au travail et leurs visages ne reflètent pas vraiment le bonheur. Ici nous ne mettons pas en valeur ce que nous avons, et c'est pareil pour moi.
Pour un globe-trotteur comme vous, qu'est ce qui vous à le plus touché?J'ai beaucoup de choses, mais c'est difficile de mettre en valeur certaines choses dans les pais, surtout car moi j'ai l'habitude d'être dans des endroits plus favorables.
C'est compliquer de vivre ce que vivent les habitants.
Sans aucun doute, ce qui m'a le plus touché ça été les tours jumelles. J'étais entrain de joué un match à Madrid pour essayer de gagner mon premier point ATP, j'ai perdu le match avec 13 balles de matchs. J'ai fini et je suis aller regarder ce qui se passait. 6 Mois avant j'étais là-bas, tout en haut, en vacances avec ma famille. L'année suivant je suis aller à Ground Zéro. L'image de l'avion et le moment ou les tours se sont effondrées me donnent encore la chaire de poule.
Avez vous peur de quelque chose?Je crois que la peur fait partie de la vie. Moi j'ai peur.
Quel est le tennisman que vous admirez le plus?Le meilleur de l'histoire est Roger Federer. Le plus important c'est le talent qu'il possède pour faire les choses. je l'ai vu s'entrainer de très nombreuses fois, et peu de fois de l'ai vu faire avec l'intensité que moi j'ai fait toute ma vie. Jamais. Ca m'impressione. Un joueur comme lui a travaillé depuis petit énormément, mais tu le vois s'entrainer et lui il fait ça facilement. Il a cette facilité grâce à laquelle, avec peu de concentation, l'inspiration lui arrive, il trouve tout de suite le feeling et transforme des choses qui sont extrement difficiles en choses très faciles.
Vous lui enviez ce pouvoir?Je ne veux pas que l'on se méprène: je ne suis pas jaloux. C'est évident que j'aimerai gagner autant que lui a gagné. Mais chacun a ce qu'il a, moi je suis très heureux avec ce que j'ai gagné jusqu'au jour d'aujourd'hui, mais c'est vrai qu'il possède des qualités innées.
Rafa Nadal a-t-il une limite?Je ne crois pas que cela puisse se savoir. La limité c'est chaque jour essayer de faire le plus possible pour s'améliorer. Atteindre ces limites c'est aller m'entrainer tous les jours avec envie, avec de la motivation, et ne pas seulement penser à gagner mais plutot de vouloir s'améliorer, jouer mieux. Le tennis de permet pas que tu te reposes sur tes lauriers car tous les jour il y a de la compétition. Les limites je me les fixe moi même. Gagner ou perdre, ce signifie pas forcément grand chose, on peut être un meilleur joueur sans pour autant gagner comme avant. Il s'agit avant tout de mentalité, de conserver une certaine fraicheur pour gagner.
Est ce que votre petite-amis vous aide à conserver la motivation, à continuer de grandir?Je ne crois pas. Pour continuer de grandir comme sportif, personne ne peut d'aider, ni la famillie, ni l'entraineur, persone. C'est toi qui doit continuer à avoir la motivation, l'envie et le conviction de vouloir faire un effort pour continuer à être le meilleur. Soit tu l'as toi, ou alors, on peut te le répéter 200 fois, si tu ne veux pas, tu ne veux pas.
Vous continuez à posséder tout cela?Le jour ou je ne ressentirai plus tout cela, je penserai à autre chose. Bien sur que j'ai tout ça.
L'équipe espagnole de nouveau va jouer la finale de la Coupe Davis, cette fois avec vous.La Davis est mon objectif principal pour cette année, celui qui est à portée de main. L'année dernière je n'ai pas pu y être et ça m'a ennuyé. Jouer en el palau Sant Jordi, ou j'ai fait porteur de drapeau en 2000, le vivre maintenant comme un joueur et non pas comme spectateur, sont des expériences très jolies qui m'attendent.